L’Attente
L’attente place le corps dans un temps suspendu. Entre immobilité et anticipation, elle crée un état particulier où le présent semble se dilater, retenu par ce qui doit arriver, apparaître ou se résoudre. Le corps demeure là, inscrit dans une durée dont il ignore parfois l’issue.
Attendre engage différentes formes de stagnation : patienter, espérer, guetter, subir un délai, rester disponible à l’événement. Dans cet intervalle, l’immobilité devient un état actif, traversé par la tension, l’incertitude, le désir ou l’épuisement. Le temps continue d’agir sur des corps qui semblent avoir cessé d’avancer.
Les sculptures évoquent ces présences en suspens. Verticalité, répétition, isolement ou regroupement font affleurer des attitudes corporelles prises dans une temporalité indéterminée. Certaines formes semblent attendre ensemble, d’autres demeurent seules, comme retenues dans un espace intermédiaire.
L’Attente explore ainsi ce temps entre deux états : un temps de latence où le corps demeure présent tandis que quelque chose se prépare, se transforme ou tarde à advenir.