Démarche artistique

Adeline Contreras explore les liens entre matières, mémoire et perception dans une attention aux gestes et à son environnement. Dans sa pratique sculpturale, elle convoque le sensible et l’archaïque. Elle façonne des volumes où terre, fibres et textiles dialoguent dans un tissage intime entre gestes ancestraux et déplacement référentiel.

Formée au dessin, aux pratiques textiles et à la céramique, elle réinvestit des techniques longtemps reléguées au champ de l’artisanat ou associées aux savoir-faire domestiques. Par le temps long et la répétition des gestes, elle revisibilise des savoirs faire anciens disparus avec l’utilisation croissante des technologies. L’utilisation du fil et de la terre dans sa pratique s’inscrit dans cette dynamique de transmission et de continuité sur le temps long, de génération en génération, où passé, présent et futur sont profondément liés.

Les dimensions de transmission, de traces et de lignées traversent son œuvre faite de lignes entrelacées, de maillages sculptés et de couches superposées. Sans convoquer de formes figuratives explicites, son vocabulaire évoque autant le monde végétal - branches, racines, mycéliums - que le corps - fibres, veines, cheveux, vêtements. Inspirée par l’«anthropologie des lignes » de Tim Ingold, elle envisage le monde comme un ensemble de trajectoires relationnelles plutôt que comme une somme d’entités séparées. Ses sculptures prennent alors la forme de corps indéterminés, ouverts et sans genre assigné, supports de projection et d’imagination.

Du dessin au glanage, de l’assemblage au façonnage, chaque œuvre naît d’un processus lent de maturation. L’artiste travaille avec les matériaux plus qu’elle ne leur impose une forme : elle collecte, assemble, laisse agir le temps, l’usure, l’effritement et les rythmes du vivant. Ses sculptures apparaissent ainsi comme le résultat d’un réseau de relations ancré dans un territoire. Par l’acte de créer, elle habite tout entier son environnement. Elle s’appuie davantage sur l’idée de «faire avec» et du processus plutôt que sur le dessin d’une forme prédéterminée, simplement projetée sur un matériau.

À distance de la représentation du réel, ses œuvres agissent comme des seuils perceptifs. Pensées à l’échelle du corps du regardeur, elles invitent à s’approcher, contourner, frôler, se perdre. L’œil hésite puis s’abandonne à l’appel de la matière.

Ses figures post-humaines, verticales et fragiles, évoquent autant une foule qu’une présence singulière. Réduites parfois à l’essentiel, elles convoquent les sculptures archaïques, les figures cycladiques ou certains objets rituels - ex-voto, reliquaires, formes cultuelles. Le textile, première enveloppe du corps, devient un vecteur de mémoire sensorielle et collective.

À travers le choix des formes, des matières et des textures, Adeline Contreras compose des espaces de résonance où se rencontrent mémoire intime et culture commune. Le volume devient une interface sensible entre le corps et le monde

Transmission et accompagnement

Formation et accompagnement d’artistes dans le développement de leur pratique et de leur démarche artistique.